vendredi 2 juin 2017

L'après 7 mai: Bilan.


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L'après 7 mai: Bilan.

"Union des droites", reconstruction d'une "vraie droite" et autres vieilles lunes...

Les commentaires vont bon train à l'issue de cette Présidentielle ô combien décevante. Il est utile en effet d'analyser les raisons de ce demi-échec. Demi-échec car Marine fut bien au 2d tour, ce qui est déjà, en soi un succès, mais avec des résultats très en dessous de ce que certains espéraient. Lesquels fondaient leurs espérances sur les SONDAGES. Or j'ai remarqué que ces sondages avaient toujours tendance à grossir outrageusement les chiffres du FN quelques semaines avant l'élection, puis de les diminuer progressivement à l'approche de l'échéance. Et finalement, le résultat réel se trouve encore en dessous des derniers sondages parus.

Chacun sait que les sondages influent sur le comportement des électeurs: On peut donc aisément imaginer qu'ils soient un brin trafiqués à cette fin: Les chiffres gonflés du début tendent à affoler les opposants au FN et donc à les mobiliser contre le "péril fasciste". Et les scores finaux, décevants, brisent le moral des électeurs FN, ce qui a un effet démobilisateur pour le tour d'après, et pour les législatives dans le cas présent. Cette tactique perverse est hélas trop souvent aidée par les fanfaronnades et l'optimisme de façade de certains porte-parole du FN.
Instruits par ces douloureuses expériences, attendons nous à traverser des temps difficiles: De la presque centaine de députés espérés il y a seulement quelques mois, les sondages ne nous en accordent déjà plus que quinze ou vingt. Si l'on finit à cinq ou six, on pourra s'estimer heureux! Et il n'y a plus de paquebot à vendre pour éponger le désastre...

Pour ne rien arranger, beaucoup se précipitent pour, non seulement blâmer, mais carrément flinguer Marine et Phillipot. Une telle attitude est indigne dans un tel moment. En sport, on est plus humain: Le concurrent qui échoue à remporter la médaille tant espérée, et qui en a gros sur la patate de s'être ramassé, ses supporters s’efforcent de le réconforter. Ils ne l'accablent pas. La "démocratie" plébéienne est, elle, sans pitié (et sans honneur). La stratégie était-elle mal adaptée? Les thèmes de propagande à revoir? Marine à eu un gros coup de mou lors du fameux débat? Tout cela doit être examiné, analysé... Mais avec la bienveillance qu'on doit à un ami qui a tout donné, qui croyait bien faire, et qui s'est planté... Que ceux qui pensent avoir la recette miracle fassent le boulot! On les regarde! On regardera aussi leurs résultats...

Passons en revue quelques-unes des sentences de ces sévères censeurs :
Le nom "Le Pen" est un épouvantail pour une grande partie de la population. Il faut mettre au rancard cette famille maudite et construire un grand parti "de droite" pour "battre la gauche". De plus, cette posture "ni droite ni gauche" est une ânerie car la "droite" est largement majoritaire en France. La solution c'est "l'union des droites", ce que le FN n'a jamais voulu comprendre!
Les Le Pen sont effectivement "diabolisés". La faute à qui? À la gauche, sans doute, mais la droite n'y a t-elle aucune responsabilité? N'a-t-elle pas activement secondé la gauche pour reléguer le FN hors de l'"arc républicain"? Ne s'est-elle pas couchée devant le B'nai Brith qui, au temps de Chirac, l'a sommée de refuser toute alliance avec le FN, sous peine de mort sociale?
La droite majoritaire en France? Dans leurs rêves, sans doute! Mais en 1981, les Français ont porté la gauche au pouvoir, puis de nouveau en 1988 (mettant près de 10 points dans la vue du candidat de droite). En 95, la droite l'emporte. Puis, en 2002 la "droite" (aidée de la gauche) l'emporte triomphalement (82%) contre la "vraie droite". Puis en 2007. Mais en 2012, c'est la gauche!! En conclusion: La droite est majoritaire en France... sauf quand c'est la gauche qui l'est. Cela s'appelle l'"alternance": Une vieille arnaque qui consiste à diviser le peuple contre lui-même et à laquelle certains semblent terriblement "accros". 50% du peuple a-t-il des intérêts diamétralement opposés au 50% d'en face?

Et puis arrive 2017. Les deux seuls candidats qui adoptent la stupide et contre-productive posture "Ni droite-ni gauche"... ARRIVENT EN TÊTE et sont donc au second tour!!
On connaît hélas la suite: Droite et gauche, d'un mouvement unanime, plébiscitent le candidat de la prédation financière mondialiste contre le populo qui pue le racismo-fascisme xénophobe. Avec toutefois quelques défections: 20% (seulement?) des électeurs de Fillon auraient voté Le Pen au 2d tour, ainsi que 7% (quand-même!) des électeurs de Mélenchon. Autre indice plombant pour les "droitards" convaincus: Environ 50% de l'électorat hésite à se positionner à droite ou à gauche: Ils ne savent pas ou ils refusent de se positionner. Certains ne se sont même jamais posé la question. Ils votent pour le candidat qu'ils trouvent cool, sympa, moderne et qui cause bien (plutôt « de gauche »), ou alors pour celui qui a l'air d'un monsieur sérieux, propre sur lui avec une belle cravate et la raie sur le côté (plutôt « de droite »). Par contre, ils ne voteront jamais pour quelqu'un que la télé leur présente comme une espèce de "nazi"; Ils ont vu plein de films à la télé sur les Nazis et, ils en sont convaincus, ces gens là ne sont pas gentils du tout... Ce qui explique en grande partie l'avance de 30 points du gentil Macron sur la méchante Marine Le Pen... Mais ne pas oublier que TOUS LES AUTRES de "droite" et de "gauche" étaient dans les choux au premier tour! Les temps changent...

On constate donc un report de seulement 20% des électeurs Fillonnistes sur MLP: Et les autres? Où sont ils allés? Les sondages indiquent que 70% ont voté Macron, malgré la propagande LR qui présentait celui-ci comme le veau sous la mère et le continuateur de Hollande? Alors pourquoi un tel plébiscite? D'une part parce qu'une grande partie de cet électorat gobe la pantalonnade "antifasciste" que lui a soufflé la gauche, et d'autre part parce que cette droite "Versaillaise" déteste le peuple. Or le FN de Marine Le Pen PUE LE PEUPLE. Un « petit peuple » (ouvriers et employés) qui vote à près de 50% pour elle! Un « petit peuple » indocile qu'il faudrait au contraire mater, soumettre, à coup de retraite à 70 ans, de semaines de 50h et de SMIC à 500€. Le programme de Fillon allait dans le bon sens, bien que pas assez loin, pas assez dur... Tandis que cette "poissonnière" prétendrait les protéger des conséquences de la concurrence du Tiers-Monde!?... Quand il s'agit de défendre leurs (illusoires) privilèges contre la "populace" de province, gauche bobo et droite versaillaise savent faire front commun contre le "populisme". Indice: Paris qui fut le théâtre des gigantesques "manifs pour tous" a voté à 95% pour Macron, chouchou de Madame Taubira. Ces gens-là mettront toujours un point d'honneur, dit-on, à ne surtout jamais voter "comme leur femme de ménage". Sauf que celle-ci est aujourd'hui plutôt africaine et sans-papiers... Plus docile et moins chère. Les intérêts de classe (souvent plus fantasmés que réels) passeront toujours, chez ces gens-là, avant les "convictions morales".

Il y a aussi l'effet du consumérisme politique. Beaucoup de nos concitoyens ont progressivement cessé de l'être pour devenir de purs consommateurs. Comme ceux qui changent cinq fois de compagnie de téléphone dans l'année au gré des offres alléchantes qu'on ne cesse de leur proposer, certains changent de vote pour un oui ou pour un non. Un petit coup de mou de leur candidat(e) du moment dans la dernière ligne droite et ils changent de monture! Cette versatilité de certains électorats immatures est hélas de plus en plus répandue et difficile à gérer. D'où l’intérêt pour un parti ou un candidat de se constituer un socle électoral solide et stable. Or, beaucoup d'électeurs du Nord et de l'Est qui votaient communiste de père en fils avant de passer au FN à cause du virage immigrationnisme du PC gardent la même régularité obstinée dans leur nouveau vote. Dans le Sud, plus droitier, on a tendance à faire son marché "à droite", tantôt au FN, tantôt à l'UMP, voire ailleurs...

Quand aux fondements de la stratégie de Phillipot consistant à rassembler les "nonistes" du référendum de 2005, ils me semblent en effet assez peu consistants. Sur une question aussi complexe, l'immense majorité des électeur n'a pas d'avis précis et utilise juste ce vote pour exprimer son opposition au pouvoir. Chirac était pour le "oui"? Les 18% de Lepenistes de 2002 ont continué à s'opposer et surtout, tous ceux qui ont été "obligés" à contre coeur de voter pour lui pour "faire barrage au fascisme" ont trouvé là une occasion de se venger. Hasardeux de trouver là-dedans de nouveaux fans du FN. Ce fut sans doute une erreur d'insister si lourdement sur la sortie de l'euro et de l'UE. Promettre une ferme insoumission aux diktats de Bruxelles et une récupération progressive des instruments de notre souveraineté, notamment en matière d'immigration et de protectionnisme économique aurait suffit dans un premier temps et aurait été moins "anxiogène" pour certains. Quitte à employer ensuite, au cours du quinquennat et en fonction de l'évolution de la situation, des moyens plus "radicaux". Par contre, et n'en déplaise aux "droitards", le positionnement résolument SOCIAL (et non "socialiste" comme le serinent certains) du FN reste le bon. Quand on a un socle électoral très populaire, on ne propose pas la retraite à 75 ans et les 50 heures. Par contre un peu plus d'imagination et de créativité en ces domaines eût été bienvenu...

Sans doute le FN est-il très imparfait. Les errements reaganiens de Jean-Marie ont été heureusement corrigés mais la symbolique cocardière et jacobine, inchangée depuis l'origine, sent fort la naphtaline. L'INDISPENSABLE DÉDIABOLISATION conduit hélas à strictement baliser la sémantique jusqu'à tenir un discours assez fade, à mettre en avant les éléments les plus "lisses" tout en écartant certaines "fortes personnalités" qui pourraient provoquer d'inutiles polémiques. Il ne s'agit pas là de "plaire aux médias" mais simplement à ne pas leur fournir de munitions, les puissances de feu étant déjà trop inégales. La voie est étroite entre un "retour aux fondamentaux" qui nous ramènerait en dessous de la barre des 10% et une dérive à la Gianfranco Fini... Or, c'est la stratégie d'"union des droites" qui a conduit le MSI italien a son lamentable raliement. À une époque où 75% des Français considèrent que le clivage gauche-droite n'a plus beaucoup de sens (sondage CEVIPOF, avril 2017) la position "ni droite-ni gauche" reste la plus pertinente...

Il nous reste à clore ce cycle en se remobilisant pour fournir au FN un maximum d'élus aux législatives, ne serait-ce que pour éviter la déroute financière et ne pas reproduire le sinistre scénario de 2007. On pourra ensuite débattre à tête reposée et en évitant les querelles fratricides de ce qu'il conviendrait de faire pour améliorer notre offre politique en vue des prochains scrutins. Car même si ces scrutins sont moins centraux et spectaculaires que la Présidentielle, ils n'en sont pas moins importants: La présence en nombres, au plus près de la population, de maires et d'élus locaux FN raisonnables, efficaces, sympathiques et familiers reste le meilleur des outils de "dédiabolisation" et permet un contrôle, relatif mais pas du tout négligeable, sur des portions de territoire...

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